Vous trouverez dans cet article une description du violon, un bref historique ainsi que des vidéos de violonistes talentueux.

Nos cours de violon à domicile

Description du violon

Le violon est un instrument de musique à cordes frottées constitué de 71 éléments de bois (épicéa, érable, buis, ébène, etc…) collés ou assemblés les uns aux autres.

Il possède 4 cordes accordées à la quinte, que l’on peut frotter avec un archet ou pincer avec l’index en pizzicato.

La famille du violon inclut également l’alto, le violoncelle et la contrebasse ainsi que (beaucoup moins connue) l’octobasse ; le violon est le plus petit de ces instruments et offre la tessiture la plus aiguë. Parmi les membres de cette famille, on pourrait également citer le violone.

Un violon se compose de 3 parties principales :

  • le coffre, ou caisse de résonance,
  • le manche,
  • les cordes.

La longueur du violon est variable. Un violon de taille maximale est appelé un entier, et est destiné aux violonistes ayant atteint leur taille adulte ; il mesure généralement 59 cm de long, du bouton à l’extrémité de la tête, et la longueur du coffre est comprise entre 35 et 36 cm. Il existe une échelle non proportionnelle de longueur des violons, les violons non entiers étant généralement destinés aux enfants.

Appellation Longueur de coffre (cm)
1/16 (seizième)  
1/8 (huitième)  
1/4 (quart) 26 à 27
1/2 (demi) 30 à 32
3/4 (trois-quarts) 33 à 34
7/8 (sept-huitièmes, ou « violon de dame ») 34 à 35

Les accessoires de jeu

 

La mentonnière et le coussin sont deux pièces pouvant s’ajouter ou s’enlever librement du violon, et dont la fonction est de faciliter l’adaptation du corps à la forme des éclisses.

  • Le coussin se place sous le violon, et évite ainsi à la clavicule de subir trop durement le contact des bords du violon.
  • La mentonnière se place sur le violon, à gauche du cordier, ou l’enjambant, et comme son nom l’indique, on y place le menton. Elle permet d’éviter de mettre massivement la sueur du violoniste en contact avec la table, abîmant alors le vernis. Les instrumentistes de musique traditionnelle (par exemple en musique cadienne) jouent souvent le violon posé contre le haut de la poitrine, et donc n’ont pas besoin de mentonnière. Quant aux Tsiganes, ils jouent souvent les contre-temps le violon en l’air, la table basculant de l’horizontale à la verticale (l’axe du violon conserve son orientation habituelle).
  • La sourdine se place sur le chevalet. Son but est de diminuer l’intensité sonore du violon en restreignant les vibrations transmises par le chevalet à la caisse de résonance. Il en existe de plusieurs sortes : une simple pince à linge ; un petit morceau de caoutchouc posé sur le chevalet entre les cordes de ré et de la ; une plus large bande, recouvrant entièrement le dessus du chevalet, du sol au mi ; un modèle métallique.

 

Un peu d’Histoire

Apparition du violon

Bien qu’il existe une représentation d’un violon (forme en huit, volute, ouïe en forme de C) sur une statue d’un temple en Inde datée du XIIème siècle, on estime habituellement que le violon naît dans les années 1520 autour de Milan en Italie. Il semble que le violon ait emprunté des caractéristiques à trois instruments existants :

  • le rebec, en usage depuis le XIVe siècle (lui-même dérivé du rebab de la musique arabe),
  • la vièle,
  • et la lira da braccio.

La première mention du violon dont on ait trace est une note de décembre 1523, dans un registre de la Trésorerie générale de Savoie (la langue y est alors le français), pour le paiement des prestations des « trompettes et vyollons de Verceil ». La première apparition du violon dans l’art est due à Gaudenzio Ferrari (circa 1480 – 1546), auteur de La Madonna degli aranci (La Madonne à l’oranger), datant de 1529-30, dans l’église Saint-Christophe de Verceil. Enfin, une des premières descriptions explicites de l’instrument et de son accord en quintes figure dans l’Epitomé musical des tons, sons et accords de Philibert Jambe de fer, publié à Lyon en 1556.

Le violon se répand rapidement à travers l’Europe, à la fois comme instrument de rue, populaire, et comme instrument apprécié de la noblesse : ainsi, le roi de France Charles IX aurait commandé à Amati 24 violons en 1560. Le plus ancien violon qui nous soit parvenu serait un de ceux-là et porte le nom de leur commanditaire.

Le violon a rencontré un grand succès partout dans le monde étant donné sa versatilité, sa petite taille et son poids minime. Il a non seulement réussi à intégrer des musiques savantes, mais il a aussi réussi à supplanter des vièles traditionnelles.

Il a également suscité une nouvelle attitude des musiciens folkloriques face à la musique écrite. Il a été un trait d’union entre les diverses classes sociales en Europe notamment, où les Tziganes par exemple faisaient le lien entre bourgeoisie et paysannerie. Il a été modifié, adapté, transformé, tant dans sa structure que dans son jeu ou sa tenue, mais il est resté identique et authentique à lui-même finalement.

Le violon à travers le monde

Dans beaucoup de pays européens, le violon est entré par la petite porte dans la vie musicale, accompagnant la musique à danser populaire, laissant la musique savante à la viole. Grâce à sa large diffusion, il a permis aussi la mise en valeur du patrimoine traditionnel qui accéda à des scènes jusques là réservées à la musique savante.

Les Tziganes et les musiciens Juifs (jouant la musique klezmer) ont su eux développer un style de jeu sophistiqué ; musiciens itinérants, la portabilité de l’instrument fut très vite appréciée. Les danses et les cérémonies de mariages étant très en vogue dans ces pays, le violon s’y est développé dans les campagnes.

  • Au Maghreb

Le violon a été adopté par les pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte) avec l’accord Sol – Ré – Sol – Ré et il a été intégré aux ensembles takhts jouant la musique savante arabo-andalouse dès le XIXe siècle. Le violon y est joué verticalement et s’y nomme kamân, kamanja, kemala ou encore jrâna, remplaçant à volonté la vièle, rabâb. Il s’est non seulement parfaitement adapté à l’art de la nouba, mais il a en plus intégré bien des genres semi-classiques voire populaires sous forme d’orchestres de cordes firqa. Au cours du XXe siècle, en Tunisie et en Égypte, on est revenu à la tenue occidentale, sous le menton.

  • Au moyen Orient

Le violon a intégré sans changement organologique la musique orientale depuis le XIXe siècle, mais sa technique et sa position de jeu ont évolué : on le tient en effet à la verticale sur le genou et les mélismes y sont fréquents. Il s’adapte parfaitement aux contraintes microtonales.

  • En inde

Le violon est largement joué dans la musique indienne depuis le XVIIIème siècle, surtout dans la musique carnatique mais aussi dans la musique hindoustanie où il subit toutefois la concurrence du sarangi, une vièle traditionnelle au jeu très difficile et qui est souvent réservée aux Musulmans. Certainement importé par des colons portugais ou britanniques (d’où son nom violon), à moins qu’il ne soit une invention autochtone (cf. supra), il est devenu un véritable instrument classique là-bas aussi ; il est utilisé tant en solo, accompagné d’une percussion (tablâ ou mridangam), qu’en accompagnement des chanteurs ou danseurs. C’est aussi un instrument qui se retrouve souvent dans les maisons indiennes. On en trouve aussi une version folklorique dans l’ancienne province portugaise de Goa où on l’appelle rebec.

On en joue d’une manière particulière. L’accord est en Sol2 – Ré3 – Sol3 – Ré4 pour le solo et Sol3 – Do3 – Sol3 – Do4 pour le chant masculin (sa – pa – sa – pa). L’instrument est tenu à l’envers, la tête reposant sur la cheville du musicien assis en tailleur, et le tasseau arrière reposant sur la poitrine, laissant ainsi maintenu, la main gauche libre pour exécuter les glissandos (jâru) si fréquents dans cette musique. On y joue tous les râgas possibles.

Les principaux violonistes sont le Dr. L. Subramaniam, M. S. Gopalakrishnan, V. G. Jog, et le Dr. N. Rajan. Le frère du premier, L. Shankar (à ne pas confondre avec Ravi Shankar), est aussi un violoniste reconnu dans la world music.

Le violon tend à remplacer peu à peu les vièle esraj et dilruba dans la musique semi-classique ainsi que dans les musiques de film. On le retrouve aussi bien au Sri Lanka où on l’appelle ravikinna, qu’au Bangladesh.

  • En Amérique du Nord

Avec l’immigration massive d’Irlandais, d’Écossais, de Scandinaves, de Slaves, et autres creusets violonistiques, on y retrouve la plus forte concentration de styles de jeu et de danses en tout genre.

Vidéos


 

 

Stéphane Grappelli

 

Nicolo Paganini

 

Leonidas Kavakos joue le concerto pour violon de Sibelius

 

Tzigane – Maurice Ravel, compositeur Thierry Huillet,

piano Clara Cernat, violon (vidéo de Clara Cernat & Thierry Huillet)